J'ai pour client, je le confesse,
Un vieux qui ne peut décharger
Qu'avec une omelette sur la fesse,
Et je le fais souvent bander,
Car il finance, sans marchander.
Moi, je n'aime par la gougnotte,
Mais lui ne peut jouir, ah ! Quel malheur !
Qu'en me voyant lécher une motte :
Rien n'est sacré pour un bandeur !
C'est un métier bien dur tout de même :
Jamais un moment de repos !
Pour prouver à l'homme qu'on l'aime
Il faut toujours être sur le dos,
Que l'on soit bien ou mal dispos ;
Mais pour gagner de gros salaires
On doit oublier la pudeur…
Et baiser avec ses affaires !
Rien n'est sacré pour un bandeur !
Emile hemery |
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