Quand je travaillais dans les draps,
C'est là que je faisais merveilles ;
Mais à mon age on ne peut pas
Retrouver des chances pareilles ;
Je me donne du mal en vain :
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Toujours le guignon me poursuit,
Je ne puis rien faire qui vaille ;
Maintenant que chacun me fuit
Tout seul il faut que je travaille ;
Je m'émeus et m'agite en vain :
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Autrefois, près de la beauté,
Je faisais chanson joliette ;
Par moi son esprit enchanté
Souvent m'assurait sa conquête ;
Mais je veux gazouiller en vain :
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Au bal je me faisais citer
Pour le danseur le plus habile ;
Que de tendrons j'ai fait sauter !
Mais je n'ai plus la jambe agile.
J'ai beau me trémousser en vain :
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
Je n'fous plus rien,
J'ai, pour oublier mon malheur,
Recours à la philosophie,
Et je réponds à maint railleur :
Rien n'est durable en cette vie ;
C'est mon tour, demain c'est le tien
A n'foutr' plus rien,
A n'foutr' plus rien,
A n'foutr' plus rien,
A n'foutr' plus rien,
Garien |
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