Pour qu'une fille soit contente,
Y faut, quand elle emploie ce bijou,
Qu'une bonne grosse meche bouche bien la fente,
Pour que l'huile ne se sauve pas du trou ;
Il faut que l'amour, avec une flèche,
Afin que ça brûle comme du goudron,
En trois coups, redresse la mèche
De son lumeron.
A la ville comme au village,
Le jour qu'on unit des époux,
Si la fille a son pucelage,
De l'amour elle craint les coups.
Quand l'une souffre sous la tuile,
L'autre soulage son tendron
En trempant son outil dans l'huile
De son lumeron.
On sait que le jour de la noce
Pour les époux est le plus beau,
Et le mari qui ne veut pas qu'on le gausse,
De l'amour fait briller le flambeau.
Chez l'épouse le dieu fait brèche,
Et le lendemain elle dit que du luron
Elle n'a senti qu'un petit bout de mèche
Dans son lumeron.
Lorsqu'un vieux lumeron se bouge,
Voulant de l'amour essayer le jeu,
Il faut que le bout de la mèche soit rouge,
Afin de mieux voir briller son feu.
Mais si par malheur elle est molle,
Avec la couleur d'un citron,
On ne peut se glisser que d'bricole
Dans ce lumeron.
Ce meuble, quoique bon sans doute,
A la trop grande chaleur se fend ;
La liqueur tombant goutte à goutte,
Bientôt en dessus se répand,
Le feu s'éteint, la mèche se retire,
Et c'est là que chacun devient poltron
Et tremble de voir bientôt se réduire
Son pauvre lumeron
Fournier. |
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