Parfois, ma pauvre Madelon,
Certain souci vous turlupine…
Vous vous écriez : Du talon
Qui me tirera cette épine ?
Laissez le maraudeur galant
Dans le verger faire rapine :
De la blessure, incontinent,
L'amour saura tirer l'épine.
Pour bien aller, prenez souvent
Force infusion d'aubépine ;
Mais en fait de bon mouvement,
Rien ne vaut la montre Lépine.
Au tribunal, en son jargon,
Chacun pour sa partie opine ;
Le chasseur parle du faucon,
Et l'architecte de sapine.
Bonnes mamans, plaignez, hélas !
Le sort de la pauvre Agrippine ;
En maint… Et maints galants combats,
Vénus a perdu sa crépine…
On nous triche en tout, même en vin,
Et plus d'un manchon, j'imagine,
Qu'on croit être en peau de lapin,
N'est fait que de peau de lapine.
Un soir, qu'à l'ombre d'un buisson
Elle faisait la galopine,
On dit que ce damné Pluton
Fit le diable avec Proserpine.
Bref ! Plus d'un moderne Actéon
Qui fait la chasse aux bécassines,
Bien souvent atteint de son plomb
Moins de lièvres que de lapines.
La femme est une épine aussi ;
Craignons leurs langues de vipères…
Il ne fait pas bon, Dieu merci !
Fourrez les nez dans leurs affaires…
Elles n'aiment qu'à critiquer,
Mais, femme ou branche d'églantine,
Pour ne pas se laisser piquer,
D'avance, messieurs, ont l'épine.
Etienne Ducret.
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